Salon du livre (Actualités)

éditions AfricAvenir

Journée du politologue KUM’A NDUMBE III, ce rendez-vous du 14 décembre 2018 au siège la Fondation AfricAvenir International. Le Prince Kum’a Ndumbe III, politologue intrépide, reçoit un don de la famille Cheikh Anta Diop.

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La Fondation AfricAvenir International a abrité vendredi 17 décembre 2018 l’aspect politique des travaux de l’écrivain Prince KUM’A NDUMBE III. Ceci, dans la suite des activités liées à la célébration de ses 50 ans d’écriture.

Monsieur le Professeur Jean-Emmanuel PONDI, Vice-recteur de l’Université de Yaoundé I, chef du département Relations Internationales à l’IRIC et professeur missionnaire à l’Académie Diplomatique de Vienne, était convié à cette journée d’une haute portée heuristique, dans les locaux de la Fondation AfricAvenir International, à Douala-Bonabéri.

Dans son avant-propos de circonstance, le Prince KUM’A NDUMBE III a noté l’extraversion de l’Africain qui ne s’accroche qu’aux choses venues de l’extérieur. C’est à en croire l’auteur, le résultat de la colonisation, qui fait que nous ne savons plus au juste qui nous sommes.

Pour ce qui est de l’énonciation de son discours prescriptif proprement dit, l’on a noté une évolution en trois grands moments :

  • Le premier moment concerne l’engagement du politologue intrépide.

 Cet engagement est en réalité due, avons-nous appris, à l’éducation qu’il a reçu de ses parents en tant que jeune prince destiné à succéder à son grand-père au trône de LOCK PRISO BELL. Aussi, à cette éducation-initiation dans la stricte tradition douala, va se greffer un cursus académique dont le point culminant sera la soutenance d’une thèse d’habilitation en sciences politiques à l’Université de Berlin en 1989. Après cette habilitation, le Prince KUM’A NDUMBE III va occuper la vacance de la Chaire de politique africaine pendant près de 10 ans à l’Université Libre de Berlin, tout en continuant à professer à l’Université de Yaoundé I.

Après son premier retour au Cameroun, venant de l’Université de Lyon II en octobre 1979, le Prince KUM’A NDUMBE III va poser deux actes majeurs qui méritent de retenir notre attention. Il s’agit d’une part de la mise sur pied de la Fondation AfricAvenir International en 1985, et de la participation au Congrès de Bamenda de la même année.

Parlant d’abord de la mise en place de la Fondation, il est à noter qu’elle obéit au souci constant de l’implémentation de sa vision politique, telle que déclinée dans son ouvrage-testament, Aujourd’hui, j’ai 24 ans, écrit en 1968. Il s’agit en gros d’œuvrer pour la libération totale de l’Afrique, pour la renaissance africaine, après une période de convalescence intellectuelle et politique, liée à la perte de la souveraineté de la mère Afrique. Aussi est-il question de produire des connaissances adaptées à la réalité africaine et de dénoncer les dérives autoritaires des régimes coloniaux et postcoloniaux, face aux enjeux africains de souveraineté.

Parlant de la participation au Congrès de Bamenda des 21-24 mars 1985 pour la création du RDPC, il était question de donner une relative autonomie au Président Biya, et surtout de doter la tête de l’Etat d’un levier important de direction, de concertation citoyenne. Aussi, le Prince KUM’A NDUMBE III va participer à ces assisses comme membre du Secrétariat permanent et du Secrétariat technique du Congrès du Renouveau, aux côtés d’autres Camerounais de renom tels que KONTCHOUO KOUOMEGNI, OWONA Joseph, NJOH MOUELLE, AGBOR TABI Peter, KANGE EWANE Fabien, etc.

  • Le deuxième moment concerne le désaccord dans l’orientation de vie institutionnelle de la nation, et l’apparition des pratiques autoritaires qu’on croyait jusque-là révolues.

Aussi, après le Congrès de Bamenda, et après l’avènement des lois de 1990 sur la libéralisation de la vie politique, les mœurs politiques et les pratiques administratives en la matière n’ont pas véritablement changé. Tout se passait alors comme si les lois de la République étaient destinées à la curiosité des bailleurs de fonds, et que pour ce qui est de la vie politique interne, le statut quo était la règle. Face à cette impasse, le réveil de la société va conduire la nation aux années de braise. Des publications majeures viendront éclairer cette période : Vous Avez dit démocratie ?; 50 Ans déjà, Quand cessera enfin votre indépendance-là ?; Carnaval Place de la Nation, etc.

La conséquence logique sera le retour des problèmes. Comme sous l’ancien régime, avec un passage momentané à Kondengui, sous le régime AHIDJO, pour avoir refusé la nomination au poste de délégué à la propagande en 1976 au sein de la section France de l’UNC. Mais cette fois, la sentence sera administrative, avec déchéance du trône des Bele Bele. La signature du Livre Blanc des Bele Bele en mars 2003 et la déclaration solennelle de 1996 qui l’accompagne n’y changeront rien, au fond. Aussi, le constat fait à l’époque par le journal, La Nouvelle Expression, du 17 au 24 août 1994 était clair. De l’entête même de cet article on pouvait lire « Succession à la chefferie de Bonabéri, l’administration torpille le chef légitime KUM’A NDUMBE III ».

  • Et le troisième moment est lié au retour à l’apaisement des rapports avec l’administration puissance-publique.

 Si la situation de la chefferie de Bonabéri n’a pas évolué, les rapports entre le politologue intrépide et l’administration ont connus une trêve. Mais l’œuvre scientifique s’est intensifiée, avec en prime une réorientation du travail vers les enjeux africains de souveraineté, et la reconstitution de la mémoire collective africaine. Aussi, par souci pédagogique, les textes anciens sont exhumés, et les témoignages locaux dé-marginalisés. La formation de la relève est devenue une priorité. D’où la création d’une école doctorale : Héritage & Innovations au sein de la fondation AfricAvenir International.

 

Quant au Professeur Jean Emmanuel PONDI, l’on peut structurer son intervention autour de trois points au moins :

  • Le cadrage africain des travaux du Prince KUM’A NDUMBE III. Le Professeur PONDI note que la spécificité de l’œuvre du Prince est qu’elle se fonde sur une théorie générale des sources du savoir africain, donc de la connaissance locale. De l’avis même de l’auteur, « nous ne pouvons pas continuer à être le relais des autres, à mimer les connaissances d’ailleurs ». On ne peut pas fonder la crédibilité de notre connaissance sur l’Afrique, sur les récits des Européens, furent-ils de bonne foi. La raison est simple : ils ne connaissent pas les réalités africaines.
  • Le décloisonnement du cadre global des connaissances institutionnelles. Le professeur PONDI invite donc les jeunes africains à questionner les processus de production des connaissances et à penser l’alternative. Car dit-il, « aucun arbre ne peut grandir sans ses propres racines». Il faut donc appartenir à un territoire, avoir un patrimoine pour exister.
  • Et le paradoxe de l’intellectuel africain. La production des connaissances institutionnelles a conduit au paradoxe du penseur africain. Ce dernier sans se fonder sur les réalités de chez lui, pense la science sous le prisme de l’arrachement, de l’exil et de l’idéologie. Il s’agit à proprement parler de la mission civilisatrice prométhéenne. On arrive donc à produire des institutions de façade, n’ayant rien à voir avec la réalité locale, la culture africaine. Il note entre autres que l’élection ne saurait constituer un critère pertinent de validité des institutions, et que, en outre le modèle africain est un modèle de consensus.
  • Le point culminant de la cérémonie aura été la remise au Prince par le Professeur Jean Emmanuel PONDI, des ouvrages envoyés par la famille Cheikh ANTA DIOP, à travers le fils ainé, Cheikh M’BACKE DIOP. A Paris, celui-ci avait prié le professeur PONDI de remettre au Prince Kum’a Ndumbe III pour la Bibliothèque Cheikh Anta Diop de Bonabéri cet ouvrage dont il est l’auteur : Cheikh Anta Diop, L’homme et l’œuvre, ainsi que celui de sa défunte maman Louise Marie DIOP MAES: Afrique Noire – Démographie, Sol et Histoire. A ces deux ouvrages il faut ajouter la Revue D’Egyptologie Et Des Civilisations Africaines n° 23/24 2014/2015 dans ce lot de dons.

Comme il est désormais de coutume, la journée s’est poursuivie avec le jeu des questions-réponses, avant une visite guidée dans les différents départements de la Fondation AfricAvenir International, entre autres aux Editions AfricAvenir, à la Bibliothèque Cheikh Anta Diop et à l’Ecole Doctorale Héritage & Innovations.

Puis une photo de famille derrière le Tangué royal est venue clôturer cette journée mémorable.

Exposé liminaire du Prince KUM’A NDUMBE III.

Présentation des publications politiques et de sciences politiques du Prince KUM’A NDUMBE III.

Remise des ouvrages envoyés par la famille Cheikh ANTA DIOP (notamment le fils ainé, Cheikh M’BACKE DIOP et le livre de sa maman Louise Marie DIOP MAES) au Prince Kum’a Ndumbe III pour la Bibliothèque Cheikh Anta Diop de la Fondation  AfricAvenir International de Bonabéri.

 Photo souvenir entre le Prince KUM’A NDUMBE III et le professeur PONDI, tenant les ouvrages envoyés par la famille CHEIKH ANTA DIOP.

Photo souvenir entre le Prince KUM’A NDUMBE III et le professeur Jean Emmanuel PONDI

Photo de famille autour du Tangué royal

Par Philemon Moubeke A Mboussi

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La Fondation AfricAvenir International est une Organisation Internationale non gouvernementale à but non lucratif basée à Douala au Cameroun et dont l’objectif est d’œuvrer pour la Renaissance africaine, le Développement endogène, la Coopération internationale et la Paix durable. Fondée en 1986 par son promoteur le Prince et Professeur Kum’a Ndumbe III.

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