Publications des premiers résultats du projet Africa's Collective Memory

Quand les Anciens parlent ...
Témoignages africains comme sources d’histoire coloniale

« Quand un ancien parle, rapproche-toi, écoute avec attention, sois patient, prends note avec soin, interroge-le,
laisse-le se reposer, reviens le lendemain, fais le pas pour gagner sa confince au fur et à mesure, avec humilité. Attends avec patience, et tu verras les portes qui s’ouvriront devant toi, tu comprendras que tu n’es pas seul, que tu es entouré, que tu es accompagné sur la route de ta vie. Voici l’un des secrets de l’Afrique profonde. »

Nous publions ici un premier débat sur les témoignages de 176 vieux Camerounais qui ont vécu la période coloniale allemande au Cameroun, et interpellons ainsi la mémoire collective camerounaise et africaine. Le débat a eu lieu à Vienne en novembre 2015 avec des professeurs d’université et des diplomates camerounais, allemands, français, autrichiens et ghanéens, et a fii par embrasser le génocide des Hereros et Namas, mais aussi le massacre de Tharoye au Sénégal après la Deuxième Guerre mondiale.

«Quand les anciens parlent…» est une première publication pour éveiller l’attention, lancer le débat et encourager les chercheurs à interroger la mémoire des peuples africains pour la mettre à la disposition de la mémoire de l’humanité. Sortir de la nuit de l’esclavage, sortir de la nuit coloniale, se libérer des chaînes d’autrui et de ses propres chaînes, contribuer à créer un Africain plus équilibré, capable de faire un bond dans l’histoire en véritable partenaire des
autres dans le monde, voilà l’intention profonde de nos effrts de recherche scientifiue. Que les débats suscités par ce livre veuillent bien y contribuer.

Ces Bakoko … vraiment !
Quand les Anciens parlent ...
émoignages de vieux Bakoko sur la colonisation

Essobe Clotaire dévoile : « Les religieux allemands sont venus comme des conseillers : ils prodiguaient des conseils et n’étaient pas agressifs. Subitement, ils se sont mis à distribuer les armes. Ils nous les donnaient, disaient-ils, pour que nous ayons un ascendant sur les peuples que nous allions rencontrer à l’intérieur du territoire. Nous leur ramenions tout ce qu’ils voulaient, même les esclaves. » A-t-on jamais lu ceci dans un livre écrit par les colons ou leurs bons élèves africains ?

Il y a 33 ans, trois vieux Camerounais (Clotaire Essobe, Emmanuel Pongo, et Simon Dimbame) ont ouvert leurs portes et légué à la postérité leurs souvenirs sur la période coloniale allemande. Sous la houlette du Professeur Fabien Kangue Ewane, ces témoins de l’histoire camerounaise abordent entre autres les questions relatives à
l’installation allemande en pays Bakoko et sur la côte, la mise en place d’un système juridique administratif et éducatif, la réorientation intellectuelle, socioprofessionnelle et spirituelle de la jeunesse, les résistances anticoloniales, la structuration du système carcéral et le problème de survivance des traditions locales.

Et Essobe Clotaire enfonce le clou : « Les Allemands avaient pour objectif de faire du Cameroun une colonie allemande. Nous leur avons clairement déclaré que nous ne sollicitions que leur amitié et non une administration de notre territoire à l’Allemagne. Contrariés et déçus, ils se mirent à commanditer les assassinats des chefs traditionnels qu’ils remplaçaient systématiquement par leurs alliés de confince autochtones. Tout ceci avait pour but de faire accepter au peuple, par tous les moyens, l’idée d’une gestion allemande du territoire camerounais. »

Au nom de la civilisation !
Quand les Anciens parlent ...
Témoignages poignants de Patriarches ewondo sur l’époque coloniale

« Même si c’était dans une boutique, ils (les Allemands) n’achetaient rien. Ils faisaient des choses uniquement par leur pouvoir, le pouvoir administratif. Même si le Blanc fait quelque chose avec le pouvoir administratif, il sait qu’un Noir est quoi ? Est-ce que je peux te mentir ? Un Noir était quoi au temps allemand ? Les Allemands ne prenaient pas un Noir comme quelque chose. On considérait un Noir, seulement si tu as fait l’école. Dès que tu fais l’école, tu apprends à lire les livres allemands, toi aussi tu dois porter une chemise… 
Si tu n’as pas été à l’école, on te voit porter une chemise, on te demande : « Tu as étudié quoi ? » Si tu ne dis rien, on dit... si tu portes, on va te donner une telle fessée, on dit l’animal, l’animal porte la chemise. Si tu vois quelqu’un porter l’habit… Difficile, fils ! Si je me mets à te raconter tout ça… Ééh !!! Les Allemands étaient que, tu dis le mensonge, on t’exécute, tu tues quelqu’un, on t’exécute, tu voles, on t’exécute. Fils, si je te raconte tout ça… Très difficile, très malheureux. Quelqu’un à mon âge ne saurait pas mentir... »

Quand les Anciens parlent… C’est extraordinaire ! Auriez-vous un seul instant cru que de tels faits se soient produits ici-même au Cameroun ? Cette histoire d’un autre genre qui ne figure pourtant nulle part, dans aucun de nos livres d’histoire conventionnelle. Vous l’apprenez donc aujourd’hui de la bouche des Anciens. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Ce volume regroupe les voix de cinq Partriarches camerounais : Baba Ngambo, Aloys Essindi, Philip Etoga, Friedrich Owona, Marc Atangana. Tous originaires du Centre, ces papas éwondo conjuguent leurs voix et raclent le fond leur mémoire pour nous léguer de précieux souvenirs sur leur expérience avec la colonisation, pour nous parler de nous, de notre histoire.

Ces Bakoko … vraiment !
Quand les Anciens parlent ...
Témoignages de vieux Bakoko sur la colonisation
2ème édition revue et augmentée

Essobe Clotaire dévoile : « Les religieux allemands sont venus comme des conseillers : ils prodiguaient des conseils et n’étaient pas agressifs. Subitement, ils se sont mis à distribuer les armes. Ils nous les donnaient, disaient-ils, pour que nous ayons un ascendant sur les peuples que nous allions rencontrer à l’intérieur du territoire. Nous leur ramenions tout ce qu’ils voulaient, même les esclaves. » A-t-on jamais lu ceci dans un livre écrit par les colons ou leurs bons élèves africains ? Il y a 35 ans, cinq vieux Camerounais (Clotaire Essobe, Emmanuel Pongo, Simon
Dimbame, Sepo Mudindo et Mateke Jean) ont ouvert leurs portes et légué à la postérité leurs souvenirs sur la période coloniale allemande. Sous la houlette du Professeur Fabien Kangue Ewane, ces témoins de l’histoire camerounaise abordent entre autres les questions relatives à l’installation allemande en pays Bakoko et sur la côte, la mise en place d’un système juridique administratif et éducatif, la réorientation intellectuelle, socioprofessionnelle et spirituelle de la jeunesse, les résistances anticoloniales, la structuration du système carcéral et le problème de survivance des traditions locales.

Et Essobe Clotaire enfonce le clou : « Les Allemands avaient pour objectif de faire du Cameroun une colonie allemande. Nous leur avons clairement déclaré que nous ne sollicitions que leur amitié et non une administration de notre territoire à l’Allemagne. Contrariés et déçus, ils se mirent à commanditer les assassinats des chefs traditionnels qu’ils remplaçaient systématiquement par leurs alliés de confince autochtones. Tout ceci avait pour but de faire accepter au peuple, par tous les moyens, l’idée d’une gestion allemande du territoire camerounais. »

Quand les Anciens parlent ...

Satan va-t-en ! Un vrai guide assume ses choix
Rudolf Duala Manga Bell

Témoignages de vieux Duala sur la colonisation

« Je me souviens aussi de la méthode qu’employaient les Allemands quand il s’agissait de punir les élèves dans les écoles […] À notre époque, aucun élève ne savait exactement à quel moment il serait puni. Si le parent d’un élève, pour une faute que son fis avait commise à la maison venait se plaindre à l’école, l’élève en question était immédiatement convoqué au commissariat. Rendu là-bas, le mis en cause recevait une bonne fessée […] Il y avait
certains missionnaires qui jouissaient des privilèges de l’autorité administrative locale si bien qu’ils faisaient des descentes dans les villages pour punir sévèrement les mis en cause […] S’il arrivait qu’un enfant s’absente en classe, le Blanc se rendait chez son parent qui devait répondre... Et dans certains cas, les deux étaient copieusement fouettés. C’était une époque très diffile. Je me souviens d’ailleurs d’un missionnaire qui était très célèbre en la matière…»

Quand les Anciens parlent… ! Des témoignages nouveaux et inédits sur la période coloniale allemande au Cameroun continuent d’afflr. Paraissant pour la toute première fois, cette monographie porte à la connaissance du monde les voix de cinq vieux Camerounais enregistrés en 1982. Il s’agit en efft de : Ngane Mbape, Mbanga Eyombwan, Mukoko Samuel, Ndoko Diboussi et Mandjoule Eboule, tous natifs de Bonabéri, petit village côtier du littoral camerounais. Ces hommes ont côtoyé l’envahisseur allemand et certains d’entre eux ont même occupé des fonctions au sein de leur
administration. Ceci renforce la crédibilité de leurs propos et fait d’eux des observateurs avérés de leur temps. Enregistrés au cours d’interviews menées en langue duala par les Professeurs Kum’a Ndumbe III et Carl Ebobisse, ces témoins de l’histoire exhument de précieux souvenirs tapis au fond de leur conscience déflrée, afi de léguer leur version, leurs expériences, leur vécu et leurs émotions sur cette partie douloureuse de l’histoire camerounaise.

Quand les Anciens parlent ...
Ju dɔn hiɛr Papa LAMBE Robinson from Buéa?
Témoignage d’un vieux Camerounais sur la colonisation

Les voix des 176 vieux Camerounais témoins de notre histoire commencent enfi à sortir de l’ombre après plus de trente ans de silence. Elles viennent à point nommé reformer notre regard sur l’histoire africaine et la manière de l’aborder. Ces témoignages recueillis entre 1981 et 1986 sur l’ensemble du territoire camerounais constituent une source endogène et originale pour la réécriture de l’histoire africaine en général et camerounaise en particulier.
Originaire de Buéa, Lambe Robinson, ce vieux Camerounais de plus de cent ans d’âge à l’époque, nous livre les secrets d’une histoire occultée qui ne se retrouve nulle part ailleurs, ni dans les archives coloniales devenues nationales, ni dans les livres d’histoire fabriqués pour l’Afrique. S’exprimant en pidgin et en duala, il éventre la période coloniale allemande avec une aisance déconcertante. Comment fonctionnaient l’école, le travail, l’administration coloniale et locale, les impôts, l’évangélisation et bien d’autres encore ? Découvrez alors cette voix ancestrale venue de l’outre-tombe irriguer notre mémoire !

Quand les Anciens parlent ...
On a pendu neuf à la fois… c’est comme ça ici ! Gesagt, getan !
Témoignage du vieux Bakoko d’Edéa Omog Thomas Franz sur la colonisation

« … les missionnaires faisaient partie de l’administration. Quand il y avait un grand tribunal, il fallait un prêtre catholique… Jamais de condamnation à mort sans prêtre. (Il y a des prêtres qui soutenaient la condamnation à mort) quand il y a eu fait très clair : quelqu’un a tué l’autre… lorsque les Allemands étaient délogés… euh… il y avait des partisans, quelques-uns qui donnaient déjà des renseignements aux Français. Alors les Allemands le sachant, tiraient sur les Africains, lorsqu’ils voyaient quelqu’un. Alors, on était protégé par les Français. J’étais au village. Et plus tard l’administration voyant que des soldats allemands tiraient sur les indigènes… on leur donnait un refuge à l’île. L’île d’Edéa ».
Thomas Omog, 89 ans. La voix ferme et l’esprit lucide, il livre son témoignage dans une interview menée et enregistrée par le regretté Wang Sonne à Edéa, le 14 décembre 1983. 35 ans plus tard, cet enregistrement est actuellement publié pour la première fois dans le cadre du projet « Collective Memory » piloté par le Prince Kum’a Ndumbe III. Enseignant de formation et directeur d’école primaire à la retraite au moment de l’interview, Papa Thomas Omog délie sa langue et nous laisse lire en lui tel un livre d’histoire. Il revient sur ces souvenirs tristes et heureux de la période allemande qui ont façonné sa vie et son regard sur le monde. Il parle des mésaventures de son peuple sous la contrainte coloniale, de la restructuration de l’environnement sociopolitique, religieux, économique et bien d’autres encore. Dans cette monographie, il dévoile sereinement ses précieux souvenirs marqués par un souci presque obsessionnel du détail peu commun aux vieux de cet âge

J’accepte les sorciers ?
Témoignage du patriarche bamoun Nji Fifen Kʉ́әndap sur la colonisation
Quand les Anciens parlent...

« Humm, quand il y avait quelque chose de mauvais, le Blanc disait au Roi et il se chargeait de punir cette personne. Mais ces gens-là étaient… Ils étaient comme des sorciers… Ce sont des mauvaises personnes parce que quand tu ne leur obéissais pas, ils te faisaient du mal. Quand ils étaient ici, le Roi disposait toujours de tous ses pouvoirs. Ils n’ont rien pris. La seule chose qu’ils avaient interdite au Roi, c’était de ne plus faire la guerre à un Roi étranger. Le Roi avait refusé parce qu’il ne voulait pas que l’administrateur cohabite avec lui à Foumban, puisqu’il parait que l’administrateur… était aussi quelqu’un qui commandait… ».
Enfi, l’Ouest parle ! Les premiers résultats relatifs aux travaux de trans cription et de traduction des enregistrements effctués dans l’Ouest Cameroun sortent enfi au grand jour. Papa Nji Fifen Kʉ́әndap André est la première voix
d’une série de nombreux Anciens des Grassland ayant (tout comme ceux d’autres régions du Cameroun) accepté courageusement de livrer leurs témoignages sur le passé colonial du Cameroun pendant la période allemande. Aujourd’hui tous disparus, leurs voix continuent de vibrer, de retentir, de dire l’histoire. Enre gistré à Kounga, sur sa terre natale à Foumban, lors d’une interview exclusive menée et enregistrée par David Simo le 8 août 1982, Nji Fifen, 82 ans, dévoile en shupamem ou langue bamoun, la profondeur de ses souvenirs. Il évoque tout un pan important de ce passé oublié ou occulté de notre pays, un passé tumultueux, douloureux, mais riche d’enseignements. Le nonagénaire dévoile froidement les turpitudes qui étaient celles de son peuple, le peuple Bamoun à la suite des
frictions culturelles brutales avec le « sorcier impérialiste » allemand. Ce qu’il raconte se passe de tout commentaire. Vivez-le !

Quand les Anciens parlent ...

Les Basaa dans le « Ǹjɔkmasi » Colonial !
Témoignages du vieux Papa Pegha André sur la colonisation

« Mais je t’ai déjà dit que les Allemands étaient ici par dictature. Eux, les Ndog-Hem s’étaient farouchement opposés à leur installation ici… Les Allemands ont usé de leur force pour instaurer l’enseignement scolaire. Tu m’as bien compris ? Pour eux, l’école c’était juste contraint et forcé. Moi-même j’y suis allé par contrainte. Personne n’y allait de bon gré !... Bien sûr qu’on fouettait ! Quelle question !… Tous les prisonniers étaient destinés aux travaux forcés, et ce chantier de Njock était le plus grand foyer de maltraitance. Lorsqu’on t’y envoyait, il n’y avait pas pire punition… Les travaux forcés de « Ǹɔk » étaient menés de mains de fer par les Blancs. Si le Blanc arrive dans une contrée et te prend quelque chose, tu pouvais parler au nom de quoi ? Tu vas parler où ? Eh abomination !... Nos corps étaient recouverts de contusions du fait à la fois de l’insalubrité ambiante à l’intérieur de nos baraquements et du mauvais traitement. Les Allemands ont détruit nos sciences « dììgo », et se sont déplacés vers d’autres lieux… Rien ne pouvait être engagé sans consultation préalable des « ŋgambi ». On avait donc par ce moyen une vue de la conception de son épouse, du sexe de l’enfant qu’il y a dans le ventre. On connaissait le sexe du bébé dès sa conception. Un prétendant pouvait ainsi réserver la main de sa future épouse pendant qu’elle est encore dans le sein maternel ».

Que n’apprendra-t-on pas des précieux témoignages des 176 vieux Camerounais sur la période coloniale allemande au Cameroun ! Quand les Anciens parlent… les révélations inédites continuent d’afflr. Ce volume porte la voix d’un vieux Basaa, Papa Pegha André, livrant sa version des faits et son expérience avec la colonisation européenne au Cameroun.

Dimbámbɛ́ la Sáwa
Mambénda másu na ɓeɗɛmo ɓásū
1920 - 1930

Binyɔ́ esɛ́lɛ́ mba na na timbisɛlɛ binyɔ́ njoasoa masóa, a ɓatetɛ́ ! E ɓoléinde nɛ́ni mâ mɛ́sɛ̄ ma kwééinɔ́ nde mba e ? Na nje yɛ́sɛ̄ lo táɔ̄ lo bí, lo tilíɔ̄, lo kóbɛ́nɔ̄, na mâ mɛ́sɛ̄ ma kwée nde mba o ma e ? Nje binyɔ́ lo tilíɔ̄ ebwé mbu wɛ́ŋgɛ̄, mɔ́ nde mba múa áyu na muladi mwáyu néɔ̄ tóbɛlɛ mbó nyɛ́sɛ̄ wɛ́ŋgɛ̄, o mû mbu mwa 2016. Di wusa
nde bí na mambéda máu méombo ma ta nde nɛ́ni e ? Na lo ta nde loóɛ̌ Nyambe nɛ́ni e ? Na kwéi na dibua ɓa ta ndɛ̄ ɓa ɓoláɛ́lɛ́ nɛ́ni e ? Na moto a ɓoɓe na mudi mwa ɓoɓe a e tɛ́ púa nyamisɛ mbó, lo ma ɓola nde nɛ́ni o púa na a si ɓɔ́lɛ́ mbó na dibúbe e ? Di wusa bí na lo ta nde lokóa musaŋgo o mbó nɛ́ni e ?
Bisɔ́ ɓâ ɓa wɛ́ŋgɛ̄, di yɔ́mbi nde o esukúu a mboŋgo, ɓa lé́ nde bisɔ́ na ɓambábɛ́ ɓáu ɓa si ta ɓa bí tɔ lambo, ɓa si ta ɓa ɓɛ́nɛ́ tɔ lambo la tíibisɔ́ di ágáɛ̂nnɔ́ jówa. Di kokéi nde o ye esukúu, di dúɛ́ pɛ́ nía. Dikumo nde bí nje ɓa wáéinɔ́ bisɔ́, eɓanja bisɔ́ mɔ́mɛ́nɛ́ di si ɓɛ̂n, di si bítɔ lambo. Nde ombwâ mâ mɛ́sɛ̄ lo sééinɔ́ mba ka múa áyu na muladi
mwáyū me nde ɓetanýéí Na dutéi jǐa na : mâ mambo ma tíi, na búíɛ tɛ́ mɔ́ ka káati, kɛ́ na si sábwɛlɛ nde ɓesoka ɓa mbó e ? Na kusi ndé na maɓola pɛ́ ndé Nde tɔ nja nu mīgeyɛ̌ o mâ mɛ́sɛ̄, a nɔŋge jágamɛn, a bí nɛ́ni a māaŋgwanɔ́,
a ɓwe muwekedi ɓɔ́ŋgɔ́, a ɓole ɓambábɛ́ edúe yâá. O si púa ɓoɓé o si kóa mayǎ ɓolé nde maɓó, tɛ́sɛ́ mbó, wáa musaŋgo, na moto tɛ́ a seŋge ɓwâ o ekombo. Yî son a malé nde na māolanɔ́ moto tɛ́ numīgeyɛ̌ o yî káati. 
Ɓɔ́lɔ ɓo máumwɛ́ sɔ́ o diɓɔ́, moto tɛ́ a nɔŋge sɔ́ pá á̄ binyɔ́ nɔŋgɔ́ na masóa nje ɓambábɛ́ ɓa nɛngɛ́lɛnɔ́ binyɔ́.
Esímo esímo esímo e !

Recherche