Symposium International sur Les Religions et la Spiritualité à l'Ecole Doctorale

École Doctorale « Heritage & Innovation », Leadership Management in African Affairs

en partenariat avec la Gerda Henkel Stiftung

 

RAPPORT DU SYMPOSIUM INTERNATIONAL SUR LES RELIGIONS ET LA SPIRITUALITÉ MARQUANT LA FIN DES SÉMINAIRES DU TROISIÈME SEMESTRE DE L’ÉCOLE DOCTORALE DE LA FONDATION AFRICAVENIR INTERNATIONAL, ORGANISÉS AVEC LE CONCOURS DE LA FONDATION ALLEMANDE GERDA HENKEL LES 3 ET 4 MAI 2017

 

THÈME : CONFRONTATION ARMÉE PROGRAMMÉE ET DÉJÀ VÉCUE À TRAVERS LES RELIGIONS ET LA SPIRITUALITÉ EN AFRIQUE AU 21E SIÈCLE : QUELLE ALTERNATIVE RELIGIEUSE ET SPIRITUELLE DANS UNE AFRIQUE EN RENAISSANCE ?

De gauche à droite : Le Rev. Dr SEBALINDA (Pasteur Pentecôtiste, Commission Vérité et Réconciliation - RWANDA) ; Le Représentant du Ministre des Arts et de la Culture, Monsieur François EDIMO, Délégué Régional des Arts et de la Culture ; Monsieur le Représentant du Ministre de l’Enseignement Supérieur, le Pr Richard OMGBWA, Directeur du Développement de l’Enseignement Supérieur ; Le Prince BELE BELE Pr KUM’A NDUMBE III, Président de la Fondation AfricAvenir International ; le Rev. Dr Philippe KABONGO MBAYA, Vice – Président de la Fondation AfricAvenir International, Dr en Sociologie Religieuse ; KENTEY PINI PINI NSASAY, prêtre Catholique et auteur (RDC / Belgique)

Le mercredi 3 mai 2017 s’est ouvert au siège de la Fondation AfricAvenir International sise à l’ancienne route de Bonabéri, un Symposium international dont l’objectif était de réfléchir sur  l’influence, mieux encore, le rôle de la religion quant à l’instabilité sociopolitique qui secoue le Continent africain, eu égard à son actualité en ce millénaire commençant. La pertinence de la thématique et l’importance des enjeux ont interpellé les autorités camerounaises. La présence du représentant personnel du ministre de l’Enseignement Supérieur et des autorités administratives de la région du Littoral ci-représentées par le Secrétaire Général de la région et le délégué régional des Arts et de la Culture qu’accompagnaient des dignitaires traditionnels montrent à suffisance l’importance d’une telle thématique dont la symbolique est double : sur le plan académique, il s’agit de mener une expertise visant à trouver des solutions objectives et efficaces et de les mettre à la disposition des décideurs ; et sur le plan social, de se prémunir et d’anticiper désormais sur d’éventuels affrontements basés sur la religion. L’importance d’une telle thématique pour un pays comme le Cameroun est évidente compte tenu de sa pluralité de croyances et de religions et de l’actualité récente dans son environnement immédiat avec notamment les affrontements sur fond de religion certes devenus sporadiques, mais continus en République Centrafricaine. Les échanges se sont déroulés dans une ambiance bonne enfant, mais non moins studieuse avec des exposés pertinents et un public très attentif.  L’interactivité a contribué à rehausser les échanges et a permis de prendre en compte également le point de vue du public qui s’est déplacé durant ces deux jours d’échanges.

Synthèse des travaux

Journée du 03 mai 2017

Ouverture solennelle

Le Pr Richard OMGBWA,  représentant du ministre de l’Enseignement Supérieur lors de son allocution

Discours de monsieur le représentant du ministre de l’Enseignement Supérieur

Salutations aux différentes personnalités présentes en leurs titres et rangs distinctifs.  Sur instruction du ministre, sa mission est de voir ce qui se passe afin de rendre compte pour savoir quel type de partenariat engager avec la fondation. Il est venu,  il a vu, et il est convaincu. Tous les préjugés de départ et qui sont partagés à Yaoundé sont tombés à cause de ce qu’on trouve sur place. Un salut particulier au Prince « pour son engagement et pour sa foi en la science. Merci pour ce que vous faites pour l’enseignement supérieur au Cameroun, merci pour ce que vous faites pour la culture camerounaise. Nous saurons vous montrer notre attachement à ce que vous faites » dit alors le représentant de monsieur le ministre qui s’est proclamé avocat de la fondation dans les instances où il siège. Il a été le collègue du Prince, mais il ne connaissait qu’une facette minime de sa personnalité dont il découvre une autre facette aujourd’hui. Le sacrifice consenti par le Prince à la Fondation est le témoignage de sa foi en la science et en la renaissance africaine, car l’impression est qu’on a est que la Fondation AfricAvenir International est un  laboratoire, le creuset de l’élaboration de l’Afrique de demain. Après avoir de nouveau félicité le prince, il a souhaité que les travaux soient fructueux et instructifs pour la jeunesse.

Discours du délégué régional des Arts et de la culture du Littoral, représentant de monsieur le ministre

Après avoir salué l’assistance présente, monsieur le délégué a fait part de l’émotion qui était la sienne au regard de sa mission qui était de représenter le Ministre des Arts et de la Culture empêché. La relation entre la Fondation et le MINAC est un mariage qui date et qui a connu beaucoup de succès. Ému aussi du fait que la Fondation ait reçu des appuis du ministère dans plusieurs domaines. Malgré les difficultés rencontrées, le Prince n’a jamais baissé les bras. À l’adresse des participants il a été demandé de prendre soin de la fondation parce que c’est le devenir du continent africain. Une bonne tenue des travaux a été souhaitée aux différents participants.

Discours du secrétaire général de la région du Littoral

L’émotion visible du Secrétaire Général de la région du Littoral,

représentant du Gouverneur de ladite Région

Un salut particulier fut adressé au Prince KUM’A NDUMBE III avec qui la première rencontre ne date pas d’aujourd’hui. Le gouverneur remercie la fondation de l’avoir associé à cette initiative qui s’inscrit en droite ligne de la politique d’intégration nationale qui vise à aplanir les divergences entre les groupes sociaux divergents. C’est une initiative qui a l’avantage de poser des problématiques pertinentes qui ont des manifestations prégnantes.

Le gouverneur fonde donc l’espoir que des propositions claires et documentées sortent de ce genre de travaux afin de permettre aux décideurs d’avoir des éléments pertinents de décision pour anticiper sur d’éventuels périls tels que ceux qui ont motivés cette rencontre et les encourage dans la tenue de leurs travaux. Une bonne tenue des travaux a été souhaitée aux différents participants.

 

Déroulement des travaux

Introduction Scientifique du Prince Pr. KUM’A NDUMBE III

Le Prince dans son propos introductif a tenu à saluer les différentes personnalités présentes en leurs titres respectifs et a particulièrement salué le représentant du ministre de l’Enseignement Supérieur qui fut doyen au moment où le Prince dispensait ses enseignements à l’université de Yaoundé I, et qui a été promu directeur du développement académique au MINESUP. Après l’avoir remercié pour ses propos aimables, le prince a toutefois regretté que les étudiants Camerounais ne s’intéressent pas à la fondation, au contraire des étudiants allemands qui y viennent depuis 1993.

Remerciement à monsieur le vice-président de la Fondation AfricAvenir d’avoir fait le déplacement depuis Paris. Remerciement aux autorités administratives pour leur soutien, un clin d’œil aux différentes obédiences religieuses qui ont bien voulu faire le déplacement. Un merci aussi aux autorités traditionnelles présentes. Les raisons de la création de l’école doctorale partent d’un constat : le Prince a vu les limites de ce qui se fait dans les universités où les étudiants sont cloisonnés dans leurs matières scientifiques. Or pour le Prince c’est dans la pluridisciplinarité qu’on peut former les leaders de l’Afrique de demain ; c’est pour cela que l’école accueille un débat sur les religions et la spiritualité. Les étudiants sont formés pour quel que soit le domaine dans lequel ils auront des responsabilités, qu’ils soient capables de s’en sortir. Les experts qui sont passés par la fondation sont issus de diverses  branches à l’exemple d’un expert de Deloitte qui est venu faire une présentation à l’Ecole Doctorale. Il y a aussi un problème au niveau des choses pratiques. Ils savent « utiliser le Bic », mais souvent ils ne savent rien faire d’autre. Il y a un pilier ici appelé le « know how ». C’est cette formation que l’on dispense à l’Ecole Doctorale et qui justifie la raison de ce Symposium.

L’Afrique aujourd’hui connait des guerres un peu partout à l’exemple du Nigéria et du Nord-Cameroun, les musulmans contre les chrétiens et les chrétiens contre les musulmans. L’Afrique qui est en train de vouloir émerger, qui est en train de vouloir bondir va-t-elle y arriver ? Si les guerres sont programmées et si les guerres sont vécues comment va-t-on émerger ? Les experts vont donc essayer d’apporter les réponses à ces questions ? Aujourd’hui les Africains sont chrétiens ou musulmans, mais dans les églises on ne parle jamais des Noirs à l’exemple d’Enoch dont on ne prononce le nom que pour dire qu’il n’a point connu la mort. Pourquoi cache-t-on qu’il s’agissait d’un noir ? Est-ce l’ignorance ou la volonté ? Cette situation dit le Prince est assez schizophrénique.

Après avoir fixé le contexte et l’importance de ce Symposium, le Prince a présenté les différents intervenants en insistant sur l’importance de chacune de ces communications. C’est au cours de cette présentation que la cérémonie est interrompue pour accueillir le Secrétaire Général de la région du Littoral, représentant le gouverneur empêché. Après l’installation de ce dernier, un bref rappel du début de la cérémonie et des motivations de cette initiative est fait à l’attention du représentant du gouverneur par le Prince ; non sans lui avoir souhaité une chaleureuse bienvenue à la Fondation. Ensuite il a été évoqué la nécessité de pluralité de tendances religieuses lors des ateliers afin de recueillir les avis de tous. Les ateliers vont produire des conclusions qui seront publiées et adressées aux autorités de par le monde.

Une nouvelle fois, en guise de conclusion, le prince a remercié toutes les personnes présentes pour leur soutien et leur présence.

LES COMMUNICATIONS

 

Les sources Africaines (égypto-nubiennes) des religions du livre (judaïsme, christianisme islam). Essai d’élaboration de la théodicée et de la christologie originelles selon la christologie africaine du Professeur Grégoire Biyogo, présenté par le Docteur Meva’a de l’université de Douala

Après s’être prêté aux formalités d’usage, l’exposant a dit son honneur de restituer le travail du Pr. Biyogo qu’il a été obligé de condenser sous forme de diapositives, car elle fait un document de 34 pages. Il est question ici de démontrer l’origine égyptienne des religions du livre. Cette démonstration se déroule en 3 phases : établir les origines égypto-nubiennes de la bible et les fondements « manéthoniens » de ce document compilatoire ; établir que les religions du livre ne sont que des hypostases de la grande théodicée afro-égyptienne et de sa christologie originelle et enfin, établir que la philologie historique et comparée est l’avenir de la recherche scientifique.

Pour ce qui est du premier point, l’exercice amène à repenser notre relation à Dieu, à repenser la Déité, à réquisitionner la spiritualité au-delà de tout piège, de toute récupération et du vaste champ de conflits sur fond de contrôle et de domination perpétuelle dont la religiosité est le principal levier. À terme, l’exercice contribue ainsi à revitaliser et à redonner aux religions se fondant sur le Livre l’inflexion du Message spirituel universel des Sages et Ancêtres égypto-nubiens. Les textes les plus anciens révélant la religiosité et la spiritualité des sociétés humaines remontent à l’Égypte antique et datent d’au moins 6000 ans (datation courte) et 12 000 ans (datation longue). Les religions du Livre reposent sur trois Livres cardinaux: la Bible, la Torah et le Coran. Ces documents historiques ont été globalement pensés de manière exceptionnelle sous les Ptolémée, avec la codification des premières doctrines par 72 savants, grammairiens, théologiens réunis sous forme de conclave à la demande de Ptolémée II, sous l’autorité du grand savant et érudit de l’époque, le prêtre savant Manéthon de Sebennytos qui a vécu au 3ème siècle avant notre ère. C’est de là que vont émerger les grandes pensées théologiques, scientifiques, philosophiques, et aussi le néo-platonisme, le plotinisme… les véritables auteurs de la philosophie grecque n’étaient donc pas les Grecs mais le peuple africain plus connu sous le nom d’Égyptiens.

La deuxième articulation démontre l’origine égypto-nubienne de ces documents en recourant à la philologie (science qui étudie l’origine des mots).

  • En égyptien ancien IOUSSA est le nom originel, le tout premier qu’ai jamais porté le messie.
  • IOUSA égyptien a donné en araméen: YESHUA.
  • YESHUA en araméen va donner en hébreu YEHOSHUA (« Yohoushua Ben Jossef », « Jésus fils de Joseph »).
  • Puis YEHOSHUA va se décliner en langue grecque : Iêsous.
  • Dans les langues d’origine latine : Jésus.
  • En arabe, en Terre d’Islam, la graphie égyptienne ancienne a été conservée : ÎSÂ.

On peut donc voir à partir de cet exemple l’origine kamite de la christologie.

La troisième et dernière partie montre l’importance de la philologie qui permet de découvrir la vérité historique. La vérité historique, une fois reconstituée, repensée, au moyen entre autres de la philologie historique et comparée, permet des re-problématisations riches et complexes. Le préfixe re ayant le sens de remise à plat afin de partir de ces nouvelles inventions, pour repenser notre "présence-au-monde", notre présence commune au monde, celle de toute l'humanité, selon le prisme de cette Weltanschauung d'inspiration ataraxique.

La séance a été quelque peu suspendue pour permettre au Secrétaire Général de se retirer non sans avoir fait le tour des différents départements de la Fondation AfricAvenir International.

Incompatibilité entre religions traditionnelles africaines et la religion révélée du révérend Dr. SEBALINDA, pasteur pentecôtiste,

Propos de circonstance à l’endroit des différentes personnalités et expression de sa joie de participer à cet entretien d’une richesse incommensurable. Un grand merci au Prince pour avoir eu l’idée de confronter les différentes tendances pour un choc des idées.

Pour le pasteur SEBALINDA, les religions traditionnelles existent depuis la nuit de l’histoire. L’homme est conscient de ne pas être son propre produit, il dépend d’un être supérieur qui donne la vie et toute chose. Pour avoir sa protection, il faut le reconnaitre et lui rendre des actions de grâce d’où des cultes. L’homme cherche donc à tâtons cet Être Suprême. En cherchant donc, les gens sont tombés sur différents dieux. Cette idée en lui de recherche de Dieu est présente en Afrique en Asie et en Europe. Une insistance particulière a été donnée à la religion ancestrale en Afrique et particulièrement au Rwanda, pays d’origine du révérend Sebalinda. Le nom attribué à la divinité locale est Imana. Son culte se célébrait en invoquant ses esprits pour résoudre les problèmes de l’homme. Dans les continents se posent ce problème de religion où l’homme cherche dieu, ce qui caractérise les religions traditionnelles.

Avec la religion révélée c’est Dieu qui vient à l’homme. Cette attitude est venue pour tout changer. L’antagonisme vient du fait que la religion révélée a envahi l’homme. Cet antagonisme n’est pas propre à l’Afrique. Chaque institution même la plus petite a un corpus qui la régit. Cette organisation selon le pasteur est conforme à la pratique divine qui lors de la remise à Moïse des dix commandements. L’impossibilité tient donc de ce que dans les religions traditionnelles, c’est l’homme qui cherche Dieu alors que dans la religion révélée c’est Dieu qui vient à l’homme ; d’où l’incompatibilité.

Une cérémonie de bénédiction à l’artiste musicien Petit Pays qui a fait son arrivée durant l’exposé du révérend SEBALINDA s’est tenue de manière spontanée. Après la phase des questions-réponses, les travaux ont connus une pause.

Croisades du christianisme romain contre la religion traditionnelle africaine : Cycle ininterrompu des massacres et génocides en Afrique noire depuis le 4e siècle de Pini Pini Nsasay, RDC /Belgique

A son tour Pini Pini s’est livré à la politesse d’usage. Il a notamment insisté pour remercier le Prince pour le travail qu’il fait au quotidien pour l’éveil des consciences.

Monsieur Pini Pini a tenu à préciser que lorsqu’il parle de christianisme, il en parle comme d’un fait politique majeur. Pour l’exposant « l’Afrique est en feu ». Pour le montrer il projette des images des massacres de jeunes en Afrique. Cependant ces massacres ne sont pas nouveaux. Une autre projection est faite des exactions subies par les Africains pendant la colonisation. On reconnait par exemple un corps éviscéré afin de susciter la peur auprès de la population. Preuve que ce qui arrive maintenant est déjà arrivé. Si on interroge l’histoire on a réponse à tout. Selon lui l’Afrique christianisée est une Afrique dépossédée où règne l’impunité.

L’origine de tout cela est une élaboration intellectuelle. Des exemples de Noirs célèbres caricaturés en singe ont été diffusés pour illustrer d’où la définition du racisme qui n’est racisme qu’à partir du moment où il est anti-noir et est une construction intellectuelle assumée qui consiste à hiérarchiser les Hommes en races différentes et opposées à mort. Ce racisme consiste à enlever les Noirs du cercle humain pour le remplacer. C’est cela qui justifie l’esclavage et la colonisation.

Pour illustrer sa conception du racisme quelques exemples ont été mis en avant. En appelant l’Europe occident, ce n’est pas vrai scientifiquement car c’est le point où le soleil se couche. Or en Europe pendant une grande période de l’année on ne le voit pas. Ça veut dire qu’en se proclamant occident l’Europe a pris la place de l’Afrique. Preuve est contenue dans les écrits des anciens grecs. L’os d’ISHANGO est le symbole du musée des sciences naturelles de Bruxelles. Dans la stèle commémorative, nulle part n’est fait mention du Congo qui est le pays d’origine de cette preuve mathématique.

Cette construction intellectuelle vient des travaux de Charles Darwin qui veulent que le monde a évolué par récupération des plus forts sur les plus faibles. Cette idée a été récupérée par des botanistes comme Gabriel de Mortillet ou Pierre Paul Broca qui ont récupéré ce discours et on hiérarchisé les hommes. Etant donné que les Noirs sont inférieurs on a aboutit à la notion de Mission Civilisatrice. Pour que la population adhère, la politique de zoos humains a été lancée.

Comment en est-on arrivé là ? Pour PINI PINI la date de 312 après Jésus Christ est fondamentale, car elle consacre la date de la descente en enfer de l’Afrique. C’est à cette date que l’empereur Constantin s’est rapproché d’une secte (les adorateurs du soleil) qui sont les chrétiens actuels pour s’imposer politiquement. Après lui son petit-fils va édicter des lois pour éradiquer les religions traditionnelles qui étaient pratiquées dans le pourtour de la méditerranée. C’est avec Grégoire VII que l’église va se former jusqu’aujourd’hui grâce aux décrets de ce dernier. Ces décrets font du pape une personne sainte non pas par ce qu’il fait, mais dès l’instant qu’il s’assoit sur la chaise papale. A partir de ce moment Dieu a été désacralisé. Les papes après l’inquisition se sont octroyés tout le pouvoir, désormais c’est ce sont eux qui le donne. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la bulle que Nicolas V édicte une en 1455 et qui donne l’Afrique au Portugal et l’Espagne car la terre africaine n’appartient pas à ses habitants qui ne sont pas chrétiens donc ennemis de Dieu, elle appartient aux croyants.

L’islam à l’assaut esclavagiste de l’Afrique ancestrale : entre discours religieux et conquêtes d’empires du Dr Sehou Ahmadou, Ecole Normale Supérieure de Maroua

A son tour aussi, après avoir salué l’assistance, l’orateur entra de plein pied dans son sujet. Autant les religions révélées se réclament des religions de paix, des facteurs d’intégration autant on se rend compte que ces religions ont contribué à l’essor de certains phénomènes. Au sujet de l’esclavage deux thèses s’affrontent : une qui prétend de l’existence de cette pratique en Afrique avant l’arrivée de ces religions, et une autre thèse qui prétend le contraire.

L’esclavage suppose l’existence d’une loi, des règles des principes connus et appliqués surtout sur les autres parce qu’il y a ce principe d’extranéité. L’esclave c’est toujours l’autre d’où la dimension d’arrachement. On l’amène dans un nouveau milieu, on le resocialise et on lui donne un nouveau non nom. La différence de couleur est aussi un facteur d’esclavage. La différenciation religieuse oppose le fidèle au mécréant, cette barrière religieuse développe cette pratique. 

Le statut (condition et état) est un élément aussi de caractérisation de l’esclave. La condition peut varier mais l’état d’esclave reste selon le principe d’hérédité. Entre l’esclave et l’affranchi il y a toujours une distance. L’état d’esclave se transmet à sa descendance, même l’affranchissement n’efface pas ce statut. Dans les sociétés musulmanes certaines restrictions sont imposées aux esclaves indépendamment de leurs conditions. Ainsi ils ne peuvent effectuer le pèlerinage sans l’accord de  leur maître.

Le rapport entre l’islam et l’esclavage est fait de codifications et de la légitimation d’une pratique qui existait. En Arabie il y avait des Noirs qui étaient réduits en esclavage. L’islam nait donc dans ce contexte. En cherchant à convertir les peuples, l’islam génère les guerres mais aussi un catalyseur d’intégration qui va donner naissance à un corpus juridique. Il y a donc cette intégration de l’esclavage dans la loi islamique sous deux concepts : il s’agit de l’infidélité et du Djihad. En Afrique le Djihad va se transformer en opération de chasse en assimilant progressivement le noir en esclave pour satisfaire les marchés d’orient. On assimile progressivement l’esclavage à la race noire.

En n’ayant pas interdit de manière radicale l’esclavage, l’islam a contribué à sa légitimation.

 

Journée du 4 mai 2017

L’irrésistible expansion des nouvelles Églises en Afrique noire : enjeux et significations, du révérend

Dr Kabongo Mbaya Philippe

Le révérend Kabongo a remercié le Prince pour son invitation et a rappelé la longue amitié qui les lie depuis si longtemps après avoir dit son plaisir d’être là.

Son propos s’ouvre par le constat de la présence de Dieu sur toute chose, les désirs les fantasmes. Ce qui est comme ça c’est le démoniaque, le satanique, c’est l’inondation du désir et du pouvoir, l’inondation du désir de conquête ; Dieu est tout autre. Cela signifie la sainteté. La sainteté de Dieu le met à distance des choses, d’où le fait que pour le révérend Kabongo « Dieu n’est pas tout, il est tout autre ».

Une vidéo a été projetée pour montrer l’escroquerie religieuse en cours en Afrique actuellement. Il s’agit d’un pasteur qui prétend se trouver dans la tombe de Jésus d’où il professe des bénédictions à ceux qui l’écoutent.

Cette vidéo est un problème à plus d’un titre. Le lieu supposé être le tombeau de Jésus d’où il tire la légitimité de son charisme est un lieu faux. Tout son discours et sa bénédiction est sont donc un processus de mensonge. En écoutant un tel prédicateur on perd ce que Marcel Towa appelle « l’intelligence critique ». On est pris par les décibels et la mise en scène qui transforme l’auditoire en partenaire de cette escroquerie. Cette scène montre à quel point la société africaine est malade. Comment se fait-il que notre terre soit devenue un espace où toutes les escroqueries soient possibles s’interroge l’intervenant ?

D’où l’importance du travail qui se fait à la Fondation. Le problème ce n’est pas Dieu. Il s’agit de s’aimer soi-même et ce travail demande une capacité de courage à travers le respect de soi. Cela signifie que  nous approprier nous-mêmes, c’est nous approprier notre imaginaire par des éléments basiques ; savoir qu’il y a le jour il y a la nuit, il y a l’échec il y a la réussite. Il faut donc avoir une intelligence appropriée ce qui signifie naître à soi-même.
Quelques chiffres : la croissance de la démographie universelle est de 1, 3 ; la croissance de l’ensemble du christianisme est de 2, 6 ; église catholique romaine 1,2 ; les églises évangélistes 7,5 du fait de l’Afrique et de l’Asie. En Afrique elle correspond à certains épicentres au Nigéria 38% d’évangélistes, ensuite la RDC avec 48%, en Afrique du Sud 75%. Cette situation n’est pas à approuver. Il faut se poser la question de savoir pourquoi ici en Afrique ? Comment dans un contexte fait de pauvreté et de misère le taux de croissance des chrétiens soit des plus croissants ? Il faut devenir des lanceurs d’alerte pour recadrer les pasteurs qui dérivent. Le travail du chrétien c’est donc d’être éveillé. Les pays plus forts que les nôtres profitent de notre inclination à l’exploitation grâce à la prolifération des « évangiles de prospérité ».

Les guerres de religion en Afrique : une analyse symbolique et stratégique du Pr. Mathias Éric OWONA NGUINI, Université de Yaoundé II

La question des guerres prend plusieurs formes. Une bonne partie de la violence politique se donne au moins en affichage la violence religieuse. L’Afrique est particulièrement concernée avec par des lignes de tension qui s’appuient sur une idéologie essentialiste d’opposition entre les convictions métaphysiques et religieuses. Cela traduit la subordination la subalternisation des religions spiritualités sacrées africaines. Pourquoi les spiritualités liées aux différents cultes africains sont-elles débordées et dépassées ? la spiritualité africaine  a une propension à l’évangélisation très faible puisque de toutes les manières elles sont faites pour la communauté d’origine. L’Afrique est donc exposée au prosélytisme belliqueux, au prosélytisme hargneux. Il convient de comprendre que ces moments-là ont trait à la difficulté de l’Afrique de digérer des religions impériales expansionnistes en étant capable de restructurer ses propres spiritualités reprenant l’ensemble de rites et de cultes ancestraux. Les guerres de religion sont d’une intensité violente et  qui fait parfois d’elle une confrontation armée ; on assiste alors dans ces conditions à la militarisation des divergences sur les croyances sur les fois pour plusieurs raisons

La transcription sur le chemin de la violence, les guerres nées sur la représentation que l’on se fait de Dieu. Le mouvement qui illustre le mieux est la LRA mouvement prophétique constitué aujourd’hui de Joseph KONY qui est problématique et destructeur pour l’état ougandais et les populations locales.

Les guerres causées par l’opposition ou la domination liturgique. C’est un intérêt qui permet les querelles et les controverses entre courants d’une même religion ou entre religions. Ex : La nébuleuse islamique  Boko haram

Les guerres africaines dans ce cas de lutte pour la domination prophétiques sont aussi caractérisées par une évolution particulière du prophétisme (LRA) qui est porteur de mort et du messianisme qui est porteur de mort (mouvement du pasteur TUMI au Congo).

Au sujet des guerres fabriquées au moyen de conflits de belligérance interconfessionnelle. Il y a tout un travail de manipulation pour faire exécuter un travail politique. En RCA on a gonflé artificiellement le clivage entre chrétiens et musulmans. Il s’agit de l’instrumentalisation de l’intérieur et de l’extérieur ; les uns pour leurs intérêts et les autres pour les luttes du pouvoir. Ce sont des guerres souples qui ne sont pas nécessairement ouvertes. Exemple du Cameroun dans les années 90 au sujet des affrontements entre islamo-peuls et Kirdis dans le Nord.

La compétition entre religions a pour conséquences des guerres fabriquées. On ne peut comprendre le problème sud-soudanais si on néglige l’implication des mouvements néo-évangélistes américains dans ce conflit. Les guerres africaines entrainent la manipulation des rivalités inter-religieuses, interconfessionnelles pour des raisons de pouvoir.

En conclusion, il est très important pour les Africains d’avoir un regard de tolérance et de prudence en matière de religion de communauté spirituelle, de coexistence religieuse. En Afrique plus que chez les autres il faut les aborder en dehors du dogmatisme qui ne fait pas partie de schèmes de l’Africain.

Financements et stratégies de contrôle mondial sous le manteau des religions et de la spiritualité en Afrique contemporaine du Professeur MBENGUE NGUIME Martin, Université de Ngaoundéré

L’orateur introduit son propos en montrant qu’à travers la prolifération des œuvres sociales les religions s’imposent dans la société. Les moyens mis en œuvre par les missionnaires sont les hôpitaux, les médias dont la troisième dimension est la création d’emplois de contrôle d’appartenance à la domination religieuse. A l’exemple de l’université catholique, pour y être recruté comme enseignant il faut être catholique. Nombre d’Africains sont donc croyants non pas par conviction mais parce qu’ils en tirent profit. Ce sont des investissements à rendement tardif.

A contrario la promotion de l’aide liée ou la stratégie du service ou adhésion payante à l’œuvre de conversion des âmes, est un investissement à rendement immédiat. Dans la recherche  de la conversion des âmes, dans la recherche d’une certaine main d’œuvre, l’Afrique est le réservoir. Ce qui est facile à faire c’est l’achat des consciences. L’argent qu’on utilise permet de fidéliser les convertis dans ce schéma. En fidélisant les Africains les investisseurs utilisent la spiritualité et transforment ces Africains en protecteurs de ressources pour ces investisseurs qui inondent le continent de leur argent à travers les circuits qui doivent entretenir et densifier leurs intérêts.

Les capitalistes les plus puissants, forts de leur avoir islamique ou chrétien l’utilisent comme un outil de conquêtes en Afrique. Ils s’en servent efficacement afin de posséder des zones d’influence sur le continent dont ils pillent les richesses.

Après une longue et très discutée séance de questions réponses, une pause de quelques minutes fut accordée avant de reprendre les travaux par la tenue des ateliers.

Les ateliers

Sous le thème, Renaissance africaine et spiritualité des Africains au XX: quelles alternatives ?

Durant une heure, les trois ateliers constitués ont débattu en internes des possibilités de mesures à la renaissance africaine et de sa spiritualité. Chacun de ces ateliers était dirigé par un rapporteur. La lecture des résultats du travail en atelier s’est faite en séance plénière et a donné naissance à la déclaration de Bonabéri du 4 mai 2017.

Atelier Numéro en plein travail, avec pour rapporteur le Dr MEVA’A A ABOMO Dominique, sous l’œil bienveillant du gardien de la tradition, Tete MANGA EBANDA …

Journée du 5 mai 2017

Lecture de la Déclaration Solennelle de BONABERI du 04 Mai 2017, par le Prince KUM’A NDUMBE III, secondé par SM Nsame Ndame, Chef de Boneko Wouri, en présence des médias et des gardiens du savoir ancestral

Elle a été marquée par la lecture solennelle et officielle de la Déclaration de Bonabéri et de sa signature par les différents intervenants à ce Symposium qui ont marqué par là leur engagement à cette cause. Le rituel cérémoniel a commencé par une évocation invocation des ancêtres à travers le son des tam-tams afin de bénéficier de leurs concours et de leur présence tout au long de ladite cérémonie. Après une cérémonie brève autour du tangué, le Prince KUM’A NDUMBE III a invité l’assistance à se rendre dans les jardins de sa résidence pour la suite du rituel. C’est donc dans la pure tradition SAWA, avec l’adhésion de toutes les personnes présentes que la lecture et la signature de la déclaration de Bonabéri, fruit du consensus né du symposium international sur les religions et la spiritualité, organisé au sein de l’Ecole Doctorale de la Fondation AfricAvenir international se sont déroulées, mettant ainsi un terme final à cet évènement. 

Ainsi s’est écrit une page de l’Histoire …

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